L’allergie au pollen

Qu’est ce que la pollinose ?

La pollinose est représentée par l’ensemble des manifestations cliniques induites par l’allergie aux pollens. C’est une affection très fréquente, 10 à 30% des habitants (selon les zones géographiques de la planète) en souffrent. Le plus souvent il s’agit d’une rhinite allergique dont la symptomatologie est induite par l’inflammation allergique des muqueuses du nez mais aussi des sinus, des yeux et parfois des bronches. La rhinite pollinique souvent dénommée « rhume des foins » est ainsi très souvent associée à une conjonctivite, parfois à un asthme.
La rhinite allergique est la manifestation nasale de l’allergie aux allergènes aéroportés, pollens, poils d’animaux et acariens notamment. Cependant, toutes les rhinites ne sont pas de nature allergique. Trois symptômes sont quasiment constants : éternuements à répétition, nez qui coule (ou rhinorrhée) et nez bouché (ou obstruction nasale). En plus de ces 3 symptômes, il peut en exister d’autres, plus ou moins gênants : nez, gorge et yeux qui grattent, odorat diminué voire absent, voie nasonnée, sensation de sable dans les yeux, maux de tête, sensation de tête lourde… Parfois les symptômes dépassent largement la région du nez lorsque sont présents une fatigue et des troubles du sommeil. En effet, on s’est rendu compte récemment que la rhinite allergique, bien que ne tuant jamais, peut être invalidante et altérer la qualité de vie, avec un retentissement dans sa vie personnelle, familiale, scolaire ou professionnelle, particulièrement pendant les pics polliniques. Ces symptômes sont en général plus intenses à certaines périodes de la journée et se répètent chaque année à la même période. On estime à plus de 5 ans le retard diagnostic.

Comment sait-on que l’on est allergique ?

Votre médecin traitant vous fera préciser les symptômes dont vous souffrez et les allergènes présents dans votre environnement personnel et professionnel. Il recherchera si vos symptômes sont toujours présents à une certaine période de l’année, dans un lieu particulier ou une situation particulière et notamment pendant la saison pollinique. Un diagnostic de certitude est souvent nécessaire car le sujet allergique peut se croire allergique à certains produits et ne pas l’être et ainsi modifier son mode de vie inutilement en éliminant ces produits. En ce qui concerne les pollens, il est difficile de s’y soustraire. A la fin de cet interrogatoire, le médecin a une idée souvent précise du ou des allergènes en cause. Il peut alors vous proposer de réaliser des tests cutanés d’allergie le plus fréquemment (chez un allergologue), et plus rarement des tests biologiques sanguins (dosage des anticorps de l’allergie dits IgE pour immunoglobulines E). Les tests cutanés d’allergie, ou prick tests, constituent avec l’interrogatoire la pierre angulaire du diagnostic de l’allergie. De très faibles quantités d’extraits d’allergènes répertoriés sont déposés sur l’avant-bras. On pique avec un petit aiguillon à travers l’allergène déposé. Si la personne est sensible, une rougeur et un gonflement de la peau au site de l’inoculation apparaît dans les 15 à 20 minutes. Cette réaction est comparable à celle provoquée par une feuille d’ortie. Elle est mesurée et comparée avec celle de témoins négatif et positif (testant la réactivité de la peau). Cette technique est indolore, rapide, très sensible et fiable. Elle peut être réalisée à tout âge. En plus d’une batterie d’allergènes communs à tout environnement (pollens, acariens, chien, chat, blattes, et moisissures de la région où vous vivez), votre allergologue proposera d’autres allergènes orientés par l’interrogatoire (le cheval si vos symptômes sont rythmés par vos séances d’équitation par exemple). La positivité d’un test ne signifie pas toujours allergie : elle démontre une sensibilisation, c’est-à-dire la présence d’IgE à la surface de certaines de vos cellules de la peau. Là encore, l’interrogatoire par votre allergologue s’attachera à démontrer la pertinence de ces résultats et les conseils qui en découlent.

Y a t-il une prévention possible ?

Si de tout temps on a tenté de prévenir les maladies allergiques avant qu’elles ne s’installent, cette prévention prend d’autant plus de valeur que l’on observe ces dernières années, notamment dans les pays industrialisés, une augmentation des maladies allergiques. L’exclusion des allergènes dans l’environnement reste le traitement de choix, lorsqu’elle est possible. Celle-ci est par exemple impossible pour les allergies aux pollens, bien que certains conseils soient judicieux, comme par exemple : porter des lunettes de soleil, éviter de se promener en cas de grand vent (rester alors à la maison, fenêtres fermées), en cas de voyage fermer les vitres, éviter les promenades dans les lieux particulièrement à risque (prés, champs…), connaître ses sensibilisations et les calendriers polliniques, de façon à ne pas partir en vacances dans des régions de pollinisation tardive (en altitude par exemple) après avoir subi la saison pollinique de sa région d’habitation.

Quels traitements pour les allergies polliniques ?

Le traitement des pollinoses peut être local (spray nasal, gouttes oculaires) ou général (comprimés). Rhinite et conjonctivite allergiques sont actuellement bien contrôlées par des médicaments anti-allergiques et anti-inflammatoires; leur utilisation dépend du rythme et de l’intensité de vos symptômes. L’effet d’un premier traitement doit être réévalué à court terme de façon à adapter celui-ci. En ce qui concerne l’asthme, il faut distinguer les médicaments de la crise d’asthme, qui agissent en quelques minutes, parmi lesquels les bronchodilatateurs de la classe des béta-2 mimétiques et les médicaments de fond, qui sont des médicaments anti-inflammatoires, parmi lesquels les glucocorticoïdes. Là encore, leur association dépend de la sévérité de l’asthme. En cas d’échec ou d’insuffisance des traitements médicamenteux ou encore de refus des traitements médicamenteux, la désensibilisation ou immunothérapie spécifique aux pollens peut être proposée. Elle est d’autant plus efficace que le sujet est sensibilisé à un seul allergène ou à un très faible nombre d’allergènes. Elle est pratiquée par voie sous-cutanée ou sub-linguale.

Professeur Pascal DEMOLY
Exploration des allergies
Hôpital Arnaud de Villeneuve
34295 Montpellier cedex 5

Bibliographie
Demoly P. Les allergies. Collection Peut-on prévenir ? Arnaud Farnel, Paris 2001: 80p.
Demoly P, Trébuchon F. Les allergies. Volume 1. Rumeurs et Réalités. Ed Médi-Text, Paris 2003.
Demoly P, Trébuchon F. Les allergies. Volume 2. Rumeurs et Réalités. Ed Médi-Text, Paris 2004.

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